« Le Consentement » de Vanessa Springora

Il y a quelques mois, je vous avais proposé de participer à un challenge littéraire portant sur les scandales dans la littérature. Ce présent récit est l’exemple type pour la catégorie « atteinte à la moralité » !

Publié aux éditions Grasset, « Le Consentement » est un récit autobiographique actuellement en tête des ventes et faisant énormément parler de lui dans l’actualité. Ce livre choc est écrit par Vanessa Springora, la Directrice des éditions Julliard. Un livre hautement dérangeant, dénonçant le silence entourant certaines figures littéraires très connues.

Résumé:

Séduite à l’âge de quatorze ans par un célèbre écrivain quinquagénaire, Vanessa Springora dépeint, trois décennies plus tard, l’emprise que cet homme a exercée sur elle et la trace durable de cette relation tout au long de sa vie de femme.
Au-delà de son histoire intime, elle questionne dans ce récit magnifique les dérives d’une époque et la complaisance d’un milieu littéraire aveuglé par le talent et la notoriété.

Alors qu’elle n’a que 5 ans, V. est la spectatrice malheureuse de la séparation de ses parents. De récurrentes disputes obligent sa mère à quitter son père, cet homme violent et jaloux. V. part vivre avec sa génitrice, n’entretenant avec son père qu’une relation s’étiolant rapidement.

Les années passent. Sa mère travaille dans une petite maison d’édition et côtoie des gens du milieu littéraire, du beau monde. A 14 ans, V. tombe amoureuse d’un prédateur sexuel. Le célèbre écrivain Gabriel Matzneff, cet intellectuel quinquagénaire si bien de sa personne, séduit cette jeune fille mineure et entretient avec elle une liaison charnelle. C’est le début d’une relation toxique provoquant notamment le décrochage scolaire. Et stupeur et incompréhension de ma part: sa mère au courant ne voit pas d’inconvénient à cette idylle… Flattée sans doute que sa fille soit l’élue, la muse d’un tel « artiste » publié par les plus prestigieuses maisons d’édition ! Une mentalité malheureusement partagée par une partie de leur entourage, plusieurs d’entre eux pourtant partisans de la libération de 68.

Comment ne pas entrer dans le jugement de cet entourage si bienveillant ! Je vous avoue que je ne connaissais pas Gabriel Matzneff pourtant célébré et même récompensé il y a quelques années par le Prix Renaudot. Un écrivain dont les penchants pour la pédophilie étaient pourtant connus !  Pour V.,  « La déprise» sera progressive et elle restera durant de nombreuses années sous l’emprise de cet ogre, n’hésitant pas à la mentionner dans ses livres. L’adolescente, puis la femme vont peiner à se reconstruire et à sortir de ce traumatisme. Enfin, elle aura la brillante idée d’écrire ce livre !

En bref:

Un livre cru, révoltant, dénonçant les agissements d’un homme qui ne sera jamais inquiété, ni poursuivi. Un récit puissant sans faux-semblants ayant pour but la reconstruction. L’écriture est une puissante thérapie et constitue pour Vanessa Springora une belle leçon de courage et une vengeance intelligente. 

 

 

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