[Chronique]: « La Maison des ruines »

Résumé:

Souvent, Andrew Cohen se dit qu’il est au zénith de sa vie. Séduisant professeur d’université, ce quinquagénaire fringant fascine ses élèves avec de piquants essais – La critique de la culture ou la culture de la critique ? – et devrait bientôt obtenir la promotion qu’il espère tant. Il mène une vie épatante, entre réceptions chics dans son bel appartement de l’Upper West Side et vernissages dans les galeries de Manhattan ; il n’est que tendresse pour son ex-femme et leurs deux jolies filles et passe des soirées torrides avec Ann Lee, sa sublime maîtresse de vingt-cinq ans.

Mais…
C’est d’abord cette promotion qui lui échappe ; un gros malentendu avec son ex-femme ; les nuits avec Ann Lee qui se font trop sages ; cette soirée caritative décadente où tout l’écœure soudain. 
Et puis ces flashs dans sa tête, ces visions terrifiantes : violence, pillages, la destruction du Temple de Jérusalem, l’Holocauste.

Le professeur Cohen est en train de perdre pied.  

mon avis

« La Maison de ruines » est un roman de la rentrée littéraire 2018 écrit par Ruby Namdar et publié par les éditions Belfond. Il s’agit du premier roman de cet auteur traduit de l’américain par Sarah Tardy.

Si j’ai voulu lire ce roman, c’est parce que j’ai été interpellée par la personnalité d’Andrew, un charismatique professeur d’université juif américain vivant à New-York à qui tout semble réussir, jusqu’au jour où le processus inverse s’enclenche…

Foisonnant, érudit, baroque, évoquant rien moins que Saul Bellow, Tom Wolfe ou Philip Roth, un roman tout en excès et en humour, qui s’attaque aux épineuses questions de l’identité et de la religion, avec en fond une critique grinçante de l’Amérique d’aujourd’hui. Couronnée par le prix Sapir, une œuvre puissante, jubilatoire, mystique, un véritable morceau de bravoure littéraire.

Comme vous le constatez, ce livre a reçu un accueil et des critiques dithyrambiques, de quoi susciter l’attention et la curiosité littéraire. A part Philip Roth, j’avoue ne pas connaître les autres auteurs cités. Pour rappel, je vous avais présenté un titre de Philip Roth,  « Par le vent pleuré » l’année passée, lors de la précédente rentrée littéraire d’automne.

L’histoire se déroule sur un an et débute en septembre 2000. Les débuts de chapitres nous indiquent les jours. On suit Andrew Cohen dans sa carrière, dans sa sphère familiale (avec les autres membres de sa famille) et sociale. Je me suis attachée au personnage d’Andrew qui mène une existence de privilégié, très loin de l’image du juif persécuté. Etant adulé par ses élèves, s’entendant à merveille avec Linda, son ex-femme et entretenant une relation assez secrète avec une de ses anciennes élèves. Tout va bien pour lui: il possède une magnifique existence dorée entre sa salle de cours, son bel appart et les réceptions (il adore recevoir des amis et passer sa journée à cuisiner pour eux des mets raffinés, à l’accord parfait). Puis, au milieu de tout cela surgissent les cauchemars; le rêve et la réalité se mélangent… Andrew va-t-il arriver à gérer ses déboires?

J’ai lu ce roman par petites doses, ne trouvant pas le temps de m’y plonger comme je le voudrais. Bien que doté d’un style tout à fait accessible, je recommande plutôt ce livre à des lecteurs qui recherchent des lectures intellectuelles. S’intercalent dans le récit des textes religieux que j’avoue n’avoir parcouru qu’en diagonale. Le récit souffre de quelques longueurs, mais peut-être est-ce une volonté de l’auteur afin de nous laisser le temps d’intégrer et de digérer son histoire et les idées émergentes?

 

En bref:

Une lecture intéressante et riche à condition de passer l’éponge sur quelques longueurs. Ruby Namdar s’impose avec un grand roman ! Un futur incontournable de notre rentrée littéraire de littérature étrangère ? En tout cas, je le verrais bien à l’émission de La Grande Librairie. 

 

A propos de l’auteur:

Résultat de recherche d'images pour "ruby namdar"Ruby Namdar est né et a grandi à Jérusalem, dans une famille juive iranienne. Son premier livre, Haviv (2000), a remporté le Israeli Ministry of Culture’s Award for Best First Publication. La Maison de ruines, son premier roman traduit en français, est lauréat du Sapir Prize, le plus prestigieux prix littéraire israélien.
Ruby Namdar vit actuellement avec sa femme et leurs deux filles à New York, où il enseigne la littérature juive. C’est un spécialiste des textes bibliques et talmudiques.

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