[Chronique]: « Et je suis restée debout vivante »

« Et je suis restée debout vivante » est un livre d’Evelyne Abondio publié aux éditions Zinedi.

Je remercie chaleureusement les éditions Zinedi pour la lecture du premier roman de cette auteure !

« Jadis Paisible et prospère, Diamonda, notre petit pays, chavirait. Cela ressemblait à un grand plongeon vers une période troublée, la population s’évertuant à en minimiser les effets en la dénommant pudiquement « la crise ». Autour de moi, le monde devenait fou et s’affrontait, entre les partisans de la révolution violente et ceux qui prônaient la paix à tout prix. » 

Evelyne Abondio
Evelyne Abondio signe un premier roman

Dans ce court récit, trois narratrices prennent tour à tour la parole. Elles vivent à Diamonda, un pays imaginaire situé en Afrique. Outre la thématique de la guerre en arrière fond, ce livre nous parle du quotidien de ces femmes et de leur condition de vie.

Emeraude est une institutrice professant dans une école de son quartier. Durant sa jeunesse, elle a arrêté ses études de droit pour se marier et avoir des enfants. Avec les années, elle découvre un mari infidèle et méprisant.
Flora est une jeune femme de 21 ans, élève ingénieur en troisième année d’agronomie. Elle est loin de son domicile où elle vit avec sa mère et Paul, son frère. La guerre est aux portes de la ville et Flora est terrorisée, se sentant si seule, loin des siens. Elle décide de s’échapper de cet enfer.

Fatima qui signifie selon certaines sources « celle qui est douée d’intelligence » a obtenu sa licence de droit. Sa jeune vie est marquée par la peur et les combats incessants. Comment avoir foi en l’avenir et dans son pays dans une telle atmosphère? Malgré ses doutes, elle a des grandes espérances et veut être actrice de sa vie.

Outre leur intelligence commune, j’ai trouvé ces trois femmes émouvantes et surtout courageuses de vivre dans une telle insécurité. Elles nous font part, avec une grande franchise, de leur intimité dans ce monde violent et marqué par l’instabilité politique, faisant écho avec notre actualité.

Elles côtoient chacune d’autres femmes admirables. Ce sont toutes des Vivantes, pour reprendre l’expression de Fatima. Comme Vanessa, la sœur d’Emeraude, une avocate de renom indépendante, qui n’associe pas l’idée du mariage comme ascenseur social.  Il y a aussi Kimi Toura, une politicienne militant et représentant la paix. Et surtout les paroles pleines de sagesse de Môo, sans doute mon personnage préféré.

« Môo ! Comment fait-tu pour être aussi forte?

–  Je ne suis pas forte comme tu le crois, je résiste, tout simplement, je ne renonce pas… »

La couverture me fait penser à une femme fière, embrassant la vie et ayant le regard posé vers l’avenir…

A l’inverse, j’ai moins aimé les hommes décrits dans cette fiction. On constate que l’égalité des genres n’est pas encore acquise. Dans ce monde d’hommes, est-il possible pour une femme d’avoir de l’ambition, de rêver à autre chose que de faire un bon mariage?

Un roman de femmes fortes écrit par une auteure à la plume poignante ! 

Un commentaire sur “[Chronique]: « Et je suis restée debout vivante »

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  1. C’est original, cette idée de prendre la plume pour la cause des femmes en prenant pour cadre un monde imaginaire, je trouve ça assez intelligent. Le titre est très joli (comme la couverture) !
    J’ai découvert des livres que je ne connaissais pas du tout sur ton blog, c’est chouette 😉

    Aimé par 1 personne

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