[Chronique]: « Les cendres d’Angela »

« Les cendres d’Angela » est un roman de Frank McCourt publié en 2017 aux éditions Belfond. Il s’agit d’une réédition puisque le roman a été publié pour la première fois en 1996. Cette version, fêtant les 20 ans du récit, est agrémentée d’une préface signée de la main de l’écrivain irlandais Colum McCann. Un ajout magnifiquement écrit et qui établit de manière très intelligente l’intemporalité de ce récit, le rendant universel.

Cela faisait longtemps que j’entendais parler de ce titre, souvent demandé par les lecteurs à la bibliothèque. Un bibliothécaire à force d’entendre les titres et les auteurs s’y rapportant devient un peu comme une base de données. On connait le nom de l’auteur, le titre mais pas forcément le contenu du livre. Je savais qu’il existait aussi un film mais encore une fois je ne l’ai jamais regardé. Cette présente réédition est une belle aubaine pour moi d’enfin découvrir ce titre.

Mon père et ma mère auraient dû rester à New York où ils se sont rencontrés, mariés, et où je suis né. Au lieu de ça, ils sont retournés en Irlande lorsque j’avais quatre ans, mon frère, Malachy, trois, les jumeaux, Oliver et Eugène, à peine un, et que ma sœur, Margaret, était morte et enterrée.

Quand je revois mon enfance, le seul fait d’avoir survécu m’étonne. Ce fut, bien sûr, une enfance misérable : l’enfance heureuse vaut rarement qu’on s’y arrête. Pire que l’enfance misérable ordinaire est l’enfance misérable en Irlande. Et pire encore est l’enfance misérable en Irlande catholique.

Ainsi commence « Les cendres d’Angela », roman autobiographique choc racontant l’enfance de Frank, né à Brooklyn en 1930. Ses parents sont tous les deux des immigrés provenant de l’Irlande. Ils vivent dans la plus grande pauvreté, le pays subissant une crise économique (la Grande Dépression). Son père, un chômeur régulier, dépense la moindre rentrée d’argent dans des pubs à s’enivrer. Ce patriote et donc alcoolique invétéré, provient de l’Irlande du Nord et a combattu dans les rangs de l’ancienne IRA. Il aime chanter et se déclare toujours prêt à mourir pour l’Irlande. La famille vit dans la pauvreté, les enfants meurent de faim dans un deux pièces quasi insalubre.

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Frank McCourt

Sa mère, Angela, perd pied en perdant sa petite fille. Elle reste au lit toute la journée, laissant ses enfants seuls livrés à eux-mêmes et dans la crasse. Une solution s’impose: il faut un nouveau départ et la famille retourne en Irlande, à Limerick, la ville d’origine d’Angela. Là-bas la situation n’est pas réjouissante, l’accueil de la famille est froid, la région humide et le travail n’est pas au rendez-vous. Son mari venu du Nord n’attire que mépris dans cette ville d’Irlande catholique. Ils débuteront leur nouvelle vie dans un taudis, dormant tous dans le même lit, attaqué par les puces. Angela sera obligée de demander la charité à la Société de Saint-Vincent-de-Paul.

La misère à l’état pur…  Il y a de quoi réveiller l’empathie du plus froid individu. Ce livre m’a autant marquée que ma lecture de « Sans famille » d’Hector Malot, lu quand j’avais dix ans et qui m’avait bouleversée. Et pourtant, ce livre n’est pas sans rappeler la situation actuelle, le flot d’immigrés venu du sud. Toutes ces personnes fuyant la guerre, espérant trouver la quiétude en Europe et se retrouvant dans des conditions similaires à ce que l’on décrit dans ce présent livre.

L’histoire de Frank McCourt est loin d’être joyeuse au vu des drames récurrents s’abattant sur sa famille. Pourtant, il nous décrit son enfance irlandaise avec ses yeux de gamin naïf et toujours optimiste. Dans ce roman, on ne peut que s’attacher aux personnages, tous authentiques. Un témoignage unique, drôle malgré tout, qui vous prend dès les premières lignes. La force de l’auteur ne réside pas dans son style mais dans le contenu. C’est interpellant, puissant !

Frank McCourt devenu plus tard écrivain et professeur a vu son récit récompensé par le prix Pulitzer en 1997. Il a écrit « Les cendres d’Angela » alors qu’il était âgé de 65 ans.

En bref:

Un incontournable de la littérature à lire au moins une fois dans sa vie !

 

2 réflexions sur “[Chronique]: « Les cendres d’Angela »

  1. J’avais adoré ce livre que j’ai lu l’année de sa sortie (ça commence à dater!). En revanche j’ai lu la suite, qui elle ne m’a pas convaincue du tout. D’ailleurs j’ai souvent l’impression d’être la seule à avoir lu les deux autres…

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