
Et si on changeait un peu de tous ces thrillers (qui représentent quand même 90 % de mes lectures !) et autres cadavres pour se plonger dans l’atmosphère envoûtante et impitoyable de la cour des Tudors ?
Bon, vous me direz que le nombre de corps à l’arrivée est sûrement encore plus conséquent que dans mes polars… Il faut dire qu’Henri VIII n’est pas franchement connu pour garder très longtemps ses épouses !
Publié aux éditions Hauteville dans la collection historique, « L’autre sœur Boleyn » de Philippa Gregory nous offre une immersion intéressante, vingt-cinq ans après son célèbre Deux Sœurs pour un roi.
Résumé :
Elle a survécu à quatre reines. Tombera-t-elle face à un tyran ?
À la cour des Tudors, où les secrets valent plus que l’or, Jane Boleyn avance prudemment en coulisses. Pour survivre, elle doit jouer tous les rôles qu’on exige d’elle : épouse aimante, belle-soeur loyale de la reine Anne Boleyn au sommet de sa gloire, et espionne obéissante.
Mais l’amour de Henri VIII est capricieux et lorsque son regard se détourne d’Anne, c’est toute la famille Boleyn qui est menacée. Dans cette cour où un murmure peut condamner les plus puissants, Jane doit désormais sortir de l’ombre et sauver sa vie, quitte à trahir les siens, car le pouvoir ne tient qu’au fil de l’épée d’un roi tyrannique. Sur qui s’abattra-t-elle ensuite ?
Vingt-cinq ans après Deux Soeurs pour un roi, Philippa Gregory nous livre le portrait d’une femme oubliée de l’Histoire : Jane Boleyn.

Le titre m’a un tout petit peu induite en erreur au début : je pensais qu’on allait parler de la sœur d’Anne Boleyn, Marie. Mais non, l’intrigue — qui débute en 1534 alors qu’Anne a supplanté Catherine d’Aragon et attend son deuxième enfant — met en lumière un autre personnage oublié de l’Histoire : Jane Boleyn. À la fois dame de compagnie de la reine et épouse de son frère Georges, Jane est une courtisane prise dans l’engrenage de la cour.
On parle souvent d’ambiance toxique au travail, mais il n’y a rien de plus malsain que de vivre dans cette cour où chaque grande famille nourrit de hautes ambitions et tente de s’attirer les bonnes grâces d’un roi à la fois changeant, agaçant et profondément déroutant.
J’ai eu beaucoup d’empathie pour le parcours de Jane, même si je ne me suis pas totalement attachée à elle. C’est un personnage qui reste très droit, sans éclats de passion véritables. Elle aime son mari, mais ce dernier ne semble avoir d’yeux que pour sa sœur Anne, rejetant constamment Jane au second plan.
Philippa Gregory dépeint Jane Boleyn comme une femme de l’ombre qui, pour survivre et garder sa place à la cour après la chute des Boleyn, devient l’informatrice et l’espionne de Thomas Cromwell. L’autrice utilise cet aspect pour montrer comment Jane navigue entre les purges politiques et change d’allégeance au gré des mariages d’Henri VIII.
Je n’ai pas été enchantée comme avec mes lectures centrées sur Anne Boleyn, qui est un personnage tellement flamboyant. Jane m’a un peu fait penser au personnage d’Anne Neville dans « La fille du faiseur de rois » (qui est pourtant sans doute mon préféré de l’autrice !) : davantage dans l’ombre, même si elle tombe amoureuse et se marie avec le plus jeune frère (Richard, qui deviendra roi). Pour découvrir ma chronique sur ce coup de cœur, n’hésite pas à cliquer sur ce lien.
En bref :
Une lecture historique intéressante pour les amateurs de drames de cour !
