
Un silence assourdissant, une claque psychologique : mon avis sur « Et ensuite, le silence ».
Entre la fatigue accumulée depuis la rentrée, une charge mentale au maximum avec l’organisation de la Battle des auteurs sur Instagram, et une pile de nouveautés qui me laissaient cruellement sur ma faim ces derniers temps (coucou les derniers Debbie Macfadden ou Viveca Sten lus par simple habitude), j’avoue traverser une phase de lectures un peu compliquée.
Et puis, au détour d’une découverte sur le compte d’une consœur Bookstagrameuse spécialisée en polars, j’ai commandé quatre romans. Parmi eux, « Et ensuite, le silence » de Rose Mallai publié aux éditions Pocket. Résultat ? Dès la première ligne, j’ai été happée. Merci à l’autrice de m’avoir enfin permis de renouer avec mes sensations de lectrice assidue. Résultat des courses : malgré mon sommeil précieux, impossible de lâcher le livre avant minuit passé dès le premier soir.
Résumé :
Le 1er janvier, au 10 rue Georges Marie, l’irréparable a été commis.
Charlotte et Martin forment avec leurs enfants une famille sans histoires. Et pourtant…
Peu à peu se dévoile une réalité que nul ne pouvait soupçonner. De Charlotte ou de Martin, qui est le vrai coupable ? Qui est la victime ?
Un récit glaçant, un suspense distillé au fil des pages, un portrait sans concession d’une famille en apparence ordinaire.

Dès les premières pages, ce thriller psychologique – qui est un premier roman, chapeau bas ! – m’a fait penser, par sa thématique et sa construction, à l’excellent « La jungle » d’Adeline Dieudonné.
La structure est diabolique : on navigue entre deux temporalités (l’année 2022 et le 1er janvier 2023 où l’on sait qu’un drame s’est produit), le tout rythmé par des extraits de journaux intimes et une alternance de points de vue entre Charlotte et Martin.
Sur le papier, Charlotte a tout pour être heureuse : un bel appartement, un mari, deux enfants (de 7 et 3 ans). Mais derrière la vitrine, la réalité est suffocante. Épuisée par un travail sans saveur, seule à tout porter pendant que Martin vit sa vie et ne l’aide que quand ça lui chante, elle s’enfonce.
Et le pire, c’est que lorsque la rupture arrive, le calvaire ne fait que s’amplifier. Martin décide de la quitter, mais pour mieux l’asphyxier : il lui verse à peine de quoi survivre avec une pension alimentaire de misère, refuse obstinément toute garde partagée (tout en lui pourrissant la vie)… et à côté de ça, exerce une surveillance maladive. Il la piste dans la rue, va jusqu’à installer une application de géolocalisation à son insu sur son téléphone, épie ses moindres faits et gestes. Martin, c’est le pervers narcissique par excellence, manipulateur et calculateur, prêt à tout pour détruire psychologiquement Charlotte et la faire couler à petit feu.
Dès le début, la tension est palpable. On a envie de traverser les pages pour secouer Charlotte, d’autant plus que le portrait dressé de l’entourage est glaçant de vérité et terriblement révoltant : des proches nombrilistes, bons à faire la fête quand tout va bien, mais totalement aveugles et absents face à une femme qui sombre, broyée par un harcèlement institutionnel et intime.
En bref :
Un roman étouffant, poignant et profondément ancré dans les failles de notre société et la réalité des violences psychologiques. Foncez les yeux fermés !
