
Attention, le livre suivant pourrait heurter la sensibilité de certains lecteurs et de leurs parents…
Cette semaine, après un mois de congés, j’ai réintégré mon poste de travail. J’ai commencé ma reprise à la bibliothèque par le rangement de mon bureau. Nous sommes actuellement en plein déménagement et donc un tri s’imposait. Je suis tombée par hasard sur « Ce n’est pas grave mon crapaud », un album écrit et illustré par Soyung Lee. Cet ouvrage a été publié par les éditions Les Éléphants en 2021 et m’a été envoyé en service de presse, mais je n’avais pas encore eu l’opportunité d’en rédiger la chronique…
Je nourris une profonde affection pour les choix éditoriaux posés de cette maison d’édition, dont l’existence a germé en 2015. Parmi les joyaux de ma bibliothèque personnelle, je ne peux passer sous silence des œuvres mémorables telles que « Nino » signé de la plume talentueuse d’Anne Brouillard (pour une plongée plus immersive dans cet univers, je vous invite à vous référer à ma chronique), « Le cadeau » (retour accessible via ce lien), ou encore « Le phare », autant de trésors qui méritent leur place dans les rayonnages de la littérature jeunesse.
J’ai donc ramené « Ce n’est pas grave mon crapaud » à la maison comme histoire du soir pour mon cher Dorian. Je vous convie, chers lecteurs, à vous joindre à nous pour explorer les recoins de nos ressentis à son égard.
Résumé:
Il était une fois deux crapauds qui étaient très bons amis. Pourtant, ils étaient très différents : Crapaud blanc était joyeux et sociable, quand Crapaud rouge était solitaire et casanier. Il n’appréciait pas que Crapaud blanc lui parle de ses nombreux amis, qu’il semblait préférer à lui. Un jour, la situation s’envenime tant que Crapaud rouge lance une pierre à Crapaud blanc en hurlant : « Va-t’en ! ». Alors que Crapaud blanc, blessé, est emmené à l’hôpital, Crapaud rouge est rongé par la culpabilité…
Rares sont les albums pour les petits qui racontent avec tant de tact cet amour exclusif, qui peut pousser à franchir la ligne rouge, et la culpabilité qui s’en suit. Crapaud rouge pourra-t-il être pardonné et se pardonner à lui-même ?

J’estime qu’en raison de la profondeur et de la complexité des thèmes traités dans cet album, il est recommandé de ne pas le laisser à la portée autonome des jeunes lecteurs. Cette œuvre illustrée s’adresse davantage à un public de 5 ans et plus. Les personnages de Crapaud Rouge et Crapaud Blanc, amis malgré leurs différences, incarnent un témoignage poignant sur la souffrance émotionnelle qui peut émaner de relations complexes. La dispute qui éclate entre eux prend une tournure dramatique, marquée par un excès de violence.

Crapaud blanc, blessé, va devoir être soigné à l’hôpital tandis que Crapaud Rouge se trouve tourmenté par la honte et la culpabilité. Heureusement, il peut compter sur le soutien des protagonistes secondaires, démontrant une bienveillance exemplaire dénuée de jugement.
L’univers graphique coloré de Soyung Lee ressemble beaucoup à ceux de Kitty Crowter et Mélanie Rutten. Leurs styles artistiques sont distinctifs et elles explorent invariablement des thèmes difficiles, mais essentiels.
Mon petit garçon s’est rapidement laissé emporter par les pages de ce livre, s’attachant aux personnages et trouvant des parallèles avec sa propre vie, où les désaccords ponctuels avec ses camarades ne sont pas rares. Cet album a ouvert une précieuse fenêtre de discussion entre nous, car il n’aborde pas toujours volontairement ses petits problèmes avec ses amis. L’histoire nous a permis d’explorer ensemble des thèmes complexes et d’aborder les émotions et les relations de manière ouverte et constructive.
En bref :
« Ce n’est pas grave mon crapaud » s’impose comme un album jeunesse incontournable, particulièrement si les thèmes abordés résonnent avec les préoccupations de votre enfant.
