Critique de livres

« Au sein de Paris » de Christian De la Hubaudière

La maternité au 18 siècle était vécue de manière complètement différente. Publié aux éditions Lilou en 2016, « Au sein de Paris » est un roman de Christian De la Hubaudière et je vous en parle aujourd’hui !

Résumé:

Marguerite est l’une de ces nourrices qui ont vu évoluer le métier tout au long du XVIIIe siècle et effectué bien des fois le voyage à Paris. Comment voyage-t-elle, où dort-elle, combien de temps dure le voyage, quels sont les risques pour les petits, combien meurent en route ou à l’arrivée ?

Le Cygne, le Plat d’Etain, la Croix Verte ou la Cloche d’Argent sont autant d’auberges qui jalonnaient la route de Paris à la Normandie et où les meneurs de nourrices arrêtaient leurs voitures.

Qui se souvient encore de ce va-et-vient incessant des nourrissons parisiens, légitimes et abandonnés, envoyés en province dès leur naissance ? Cette pratique a duré au moins du XVIIe au XXe siècle. En même temps qu’une histoire des enfants, c’est une histoire des mères.

Ce roman historique propose une immersion au 18e siècle puisqu’il débute en 1743 et s’arrête en 1791. Il met en lumière la vie de certaines femmes à cette époque et suit plusieurs d’entres-elles dont Marguerite. Cette jeune femme exerce le métier de nourrice et constitue une experte des nourrissons: un vrai commerce !

Marguerite et d’autres femmes de Normandie entament des voyages entre la capitale et la province afin de louer leurs services à des familles. C’était la coutume des gens aisés, les mères n’allaitaient pas, confiant leur bébé à une étrangère. Mais pas n’importe comment : il existait toute une organisation bien rodée. On les suit dans leur vie avec les coutumes, la place centrale et importante de la religion et du curé.

D’ailleurs, les curées des villages étaient les garants de l’organisme général de placement des nourrissons.

Les descriptions détaillées et l’énorme travail documentaire de l’auteur nous permettent de bien imaginer la vie de l’époque. L’aspect commercial de cette activité n’a pas été sans me révolter à certains moments…

Un livre au thème original portant sur le métier de nourrice, le gagne-pain de certaines femmes autrefois. Un sujet méconnu particulièrement bien décrit par l’auteur.

Bien sûr, celles qui habitaient autour de Paris se montraient plus enclines à prendre des enfants de bourgeois, nettement plus rentables, et il fallait aller chercher de plus en plus loin pour en trouver qui acceptassent des enfants abandonnés. Aussi le roi, en juin 1773, avait-il rectifié les salaires attachés à l’élevage de ces pauvres petits : c’était la loi du marché. Les deux premières années étaient passées à six livres par mois au lieu de cinq, et les suivantes à cinq livres jusqu’à sept ans.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s