[Chronique]: « Dans la forêt »

Résumé:

Rien n’est plus comme avant : le monde tel qu’on le connaît semble avoir vacillé, plus d’éléctricité ni d’essence, les trains et les avions ne circulent plus. Des rumeurs courent, les gens fuient. Nell et Eva, dix-sept et dix-huit ans, vivent depuis toujours dans leur maison familiale, au cœur de la forêt. Quand la civilisation s’effondre et que leurs parents disparaissent, elles demeurent seules, bien décidées à survivre. Il leur reste, toujours vivantes, leurs passions de la danse et de la lecture, mais face à l’inconnu, il va falloir apprendre à grandir autrement, à se battre et à faire confiance à la forêt qui les entoure, emplie d’inépuisables richesses.

mon avis

« Dans la forêt » est le premier roman de Jean Hegland, une auteure américaine. Ce titre publié aux Etats-Unis en 1996 a été seulement traduit 20 ans plus tard et est disponible aux éditions Gallmeister. En lisant les avis des autres blogueurs, j’ai été impressionnée par les avis dithyrambiques entourant cette dystopie. 

Nell, la narratrice, une jeune fille de 17 ans, nous raconte son histoire qu’elle couche dans un cahier de récupération servant de journal. Ses parents sont décédés et elle mène une vie routinière avec sa sœur dans leur maison dans la forêt à l’écart de tout. Une accumulation de désastres a touché le pays et beaucoup de rumeurs courent.

« En janvier, je ne sais plus exactement quand, nous avons appris qu’un groupe paramilitaire avait fait sauter le Golden Gate Bridge, et moins d’un mois après, que le marché des devises étrangères s’était effondré. En mars, un séisme a provoqué la fusion du coeur d’un des réacteurs nucléaires de Californie, et la crue du Mississippi a été d’une violence inimaginable. Pendant tout l’hiver dernier, les journaux – quand nous arrivions à les voir – croulaient sous les nouvelles de désastres, et je me demande si ce n’est pas la convergence de toutes ces catastrophes qui nous a conduits à cette paralysie. »

Le monde est passé en mode survie. La ville la plus proche est désormais quasiment vidée de tous ses habitants. Ses survivants espèrent que ça va passer avec un retour à la normalité. Le pitch de cette dystopie post-apocalyptique m’a un peu fait penser au livre de Jacqueline Harpman, « Moi qui n’ai pas connu les hommes » mettant en scène une jeune héroïne évoluant dans un monde ravagé où on ignore réellement ce qui s’est passé et s’il y a de l’espoir. Autre parallèle, ces deux livres possèdent une grande qualité littéraire, les rendant inoubliables. 

J’ai directement accroché au livre, intriguée. La dystopie est un genre que j’aime beaucoup, ma dernière belle découverte étant « La servante écarlate » de Margaret Atwood. Dans ses écrits, Nell nous parle régulièrement de sa vie d’avant lorsque ses parents étaient toujours vivants et que le monde n’était pas encore en crise. Elle est extrêmement studieuse et se préparait d’ailleurs à entrer à Harvard. Pour occuper intelligemment ses journées, elle lit l’encyclopédie des connaissances. Pendant ce temps, Eva s’entraîne inlassablement à répéter ses pas de danseuse classique, suivant les traces de sa défunte mère, elle-même une ancienne danseuse de talent.

Nell nous relate également leur gestion domestique quotidienne. Elles doivent ramasser du bois et gérer leurs vivres. Bref, apprendre à vivre en autarcie. C’est aussi un retour vers la nature: le potager, apprendre les bienfaits des plantes. Nell va peu à peu s’y coller et développer d’utiles compétences à leur survie pour palier au manque de denrées. Terminé le gaspillage, place au recyclage ! Il faut à chaque fois penser à l’hiver et amasser du bois et des conserves. Et la forêt va s’avérer être une mine d’or.

Ce huis-clos entre les deux sœurs n’est pas toujours aisé et l’auteure est douée pour nous faire ressentir les émotions de ses protagonistes. Malgré tout l’amour qu’elles se portent, il leur arrive de se disputer et les tensions sont parfois au rendez-vous. Elles vivront ensemble des moments forts: des instants de joie et parfois des moments de peine. J’ai beaucoup d’admiration pour Nell, une héroïne attachante et courageuse malgré que l’espérance d’un avenir meilleur n’est pas assuré.

Un livre saisissant, prenant malgré son rythme lent. Il nous pousse à réfléchir et à nous interroger sur notre monde mais aussi sur son futur. C’est intelligent et bien dosé. J’ai aussi été très sensible à la touche écologique, le retour à la nature (à l’essentiel quoi !).

En bref:

« Dans la forêt » est le troisième roman que je lis des éditions Gallmeister et mon préféré. Percutant et superbement écrit, je le conseille à tout le monde. 

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