[Chronique]: « Indian Creek »

« Indian Creek » est un roman – témoignage datant de 1993 écrit par Pete Fromm, un auteur américain édité aux éditions Gallmeister. Il s’agit du premier livre de ce romancier qui avait auparavant déjà publié un recueil de nouvelles.

Résumé:

Le garde commença à parler de bois à brûler. Je hochais la tête sans arrêt, comme si j’avais abattu des forêts entières avant de le rencontrer.
– Il te faudra sans doute sept cordes de bois, m’expliqua-t-il. Fais attention à ça. Tu dois t’en constituer toute une réserve avant que la neige n’immobilise ton camion.
Je ne voulais pas poser cette question, mais comme cela semblait important je me lançai :
– Heu… C’est quoi, une corde de bois?
Ainsi débute le long hiver que Pete Fromm s’apprête à vivre seul au cœur des montagnes Rocheuses, et dont il nous livre ici un témoignage drôle et sincère, véritable hymne aux grands espaces sauvages. 

mon avis

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Pete Fromm

Ma lecture de ce roman fait suite aux conseils personnalisés de l’attachée presse de la maison d’édition Gallmeister. Lors d’échanges de mails, je lui avais demandé de me recommander quelques lectures incontournables de leur catalogue. « Indian Creek » en faisait partie. Je la remercie donc vivement pour cette belle découverte et pour son aide ! Il s’inscrit dans la catégorie du nature writing: un genre littéraire mêlant observation de la nature et considérations autobiographiques. Les éditions Gallmeister, fondées en 2005, ont fait connaître ce genre en France, s’en faisant une spécialité éditoriale. Il s’agit d’un genre dont j’ai lu très peu de choses. Le dernier titre me revenant en mémoire étant « Dans les forêts de Sibérie » de Sylvain Tesson. Si vous désirez connaître d’autres références dans le genre, je vous recommande chaudement la liste élaborée sur le site Babelio.

Image associée
Les Rocheuses

Dans ce roman d’aventure autobiographique, Pete Fromm nous raconte son incroyable expérience. Sur un coup de tête, ce tout jeune étudiant accepte un boulot insolite et part vivre sous tente durant 7 mois dans la montagne au cœur de la forêt des Rocheuses. Son rôle consiste à surveiller les bois et un bassin à saumons le temps d’un hiver. Sauf que le contrôle des œufs de saumons ne nécessite seulement que quelques minutes par jour de son temps et qu’il n’a pas choisi le meilleur moment de l’année ! Sa seule compagnie est celle d’une petite chienne appelée Boone. Il vit dans un isolement total, brisé par de rares visites de guides ou de chasseurs de la région.

« Chaque décision me plongeait dans une agitation extrême, car je savais qu’il fallait faire les bons choix, mais en même temps je commençais à deviner que tâcher de rester occupé allait sans doute devenir la plus importante de mes occupations. »

Cette aventure va incontestablement le faire grandir. Il nous relate de manière simple et réaliste comment il va apprendre à survivre en forêt, à chasser parfois maladroitement, à couper du bois pour entretenir le feu, à subvenir à ses besoins. Il revient à l’essentiel ! Il connaîtra la neige et des températures extrêmes allant facilement jusque – 25 degrés, la neige à perte de vue (comme la magnifique couverture du livre le montre avec la vue depuis l’entrée de la tente). Mais le plus dur n’est-il pas d’être loin de ses proches? J’ai particulièrement été bouleversée lorsqu’il raconte son Thanksgiving tout seul dans sa tente alors qu’il visualise sa famille passant un bon moment, réunie autour d’une table et d’un bon repas. Ses proches voudront lui rendre visite mais la neige est un obstacle de taille qu’ils avaient sous-estimé. Notre narrateur connaîtra quelques revers et ne connaîtra pas une retraite paisible ! Son moral alternera aussi entre les moments de déprime et ceux d’euphorie. Il va connaître des moments difficiles mais aussi assister à des spectacles incomparables, époustouflants que l’auteur a voulu partager par le moyen de la plume : une éclipse solaire, le dégel, la cohabitation avec des animaux sauvages.

« Il y avait quelque chose de fascinant dans ces bois, et je ne pouvais tout simplement pas accepter de les abandonner sur place pour ne plus jamais les revoir. »

« Après un hiver passé à rêver de m’échapper quelques jours, je n’avais plus envie de sauter dans mon camion pour m’en aller. Je restai dans la montagne à regarder le printemps s’installer et transformer mon univers. »

Etant sensible, j’avoue avoir fait l’impasse sur certains passages relayant les moments de chasse. Pour ma part, je me suis rendue compte dans quel confort nous vivons au quotidien. Ce n’est pas un livre que j’ai lu d’une traite, mais qui m’a fait réfléchir.

En bref: 

Une expérience unique qui vaut de l’or et que l’auteur a voulu nous transmettre au travers de ce récit initiatique ! Quel magnifique témoignage… Ce livre devrait être lu par tous.

 

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