Critique de livres·Mes lectures

« Viser la lune » de Stéphanie Ploum

Publié cette année, « Viser la lune » est le nouveau roman de Stéphanie Ploum.
J’ai eu la chance de faire la connaissance de cette autrice pétillante à l’occasion des battles littéraires que j’organisais sur mon compte Instagram.
Un grand merci à Stéphanie pour sa confiance et pour l’envoi de ce deuxième bébé de papier, que j’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir.

À l’aube de la cinquantaine, Caroline, médecin en réanimation, traverse une période tumultueuse de sa vie. Divorcée, en rupture avec ses deux enfants, engagée dans une relation toxique avec un homme marié, elle trouve refuge dans son travail. L’arrivée dans son service de Matthieu, jeune médecin humanitaire, rapatrié dans le coma du Nigeria, va bousculer son équilibre précaire. Elle ignore tout de ce mystérieux patient et va se lancer dans un jeu de piste, de l’Alsace à la Bretagne, pour découvrir son histoire. Entre flash-back de Matthieu et enquête sur son passé, chaque révélation rapproche de plus en plus Caroline de la vérité sur son patient, mais aussi sur elle-même.

Un joli titre poétique pour un roman empreint d’émotion et de sensibilité.

Les personnages sont profondément humains, avec leurs fêlures et leurs contradictions. On s’attache immédiatement à Matthieu, marqué par une enfance douloureuse et le poids terriblement injuste de la culpabilité après la perte de sa mère.
Son état de coma devient le point de départ d’un véritable déclic pour son médecin, Caroline : son besoin de comprendre cet homme la pousse dans une enquête ponctuée de rencontres inattendues aux quatre coins de la France, de l’Alsace à la Bretagne.

Caroline, quant à elle, m’a touchée autant qu’elle m’a agacée. J’ai eu du mal à accepter qu’elle ait toutes ses années sacrifié sa famille et sa propre sérénité au profit d’une carrière envahissante et d’un amant méprisant. On a parfois envie de la secouer, tant elle semble passer à côté de l’essentiel — de sa vie. Mathieu aussi a un peu un parcours similaire même si on comprend pourquoi au fil des pages…

La narration alterne habilement entre le présent (2024) et les souvenirs de Matthieu et de sa relation avec Jeanne (ma partie préférée du roman). Ces allers-retours apportent rythme et profondeur au récit, tout en dévoilant peu à peu les cicatrices et les vérités cachées de chacun.

Le roman aborde également avec beaucoup de justesse le poids du métier de médecin, cette vocation qui envahit tout, parfois jusqu’à l’oubli de soi. À travers Caroline, on ressent la solitude, l’épuisement et la difficulté de concilier dévouement professionnel et équilibre personnel.

Une lecture à la fois introspective et rudement émouvante, questionnant le rapport au travail, la culpabilité et la reconstruction de soi.

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