Critique de livres·Fantastique·Le coin des ados

« Hunger Games : Lever de soleil sur la moisson » de Suzanne Collins

La semaine dernière a été marquée par deux lectures… avortées. Deux romans commencés, deux abandons. De quoi me faire réfléchir : est-ce que je tourne un peu trop en rond dans mes choix ? Est-ce la répétition des mêmes ambiances, des mêmes mécaniques narratives qui finit par me lasser ? Il faut dire que juste avant ces échecs, j’avais littéralement dévoré « La Prof », le dernier thriller haletant de Freida McFadden (l’autrice du best-seller « La Femme de ménage »), en moins de 48 heures. Une lecture intense, page-turner — pas évident de se replonger ensuite dans un autre univers.

Pour casser la routine, j’ai décidé de changer radicalement de registre. Direction la dystopie, avec un roman qui attendait depuis un moment au sommet de ma pile à lire.
Publié en 2025 aux éditions Pocket Jeunesse, « Hunger Games : Lever de soleil sur la moisson » marque le grand retour de Suzanne Collins dans l’univers sombre et fascinant de Panem. Cinquième tome de la saga, ce roman prolonge la trilogie originale tout en faisant partie des préquels.
Je précise que je n’ai pas encore lu « La Ballade du serpent et de l’oiseau chanteur », centré sur la jeunesse du président Snow. Celui-ci, en revanche, nous plonge dans le passé d’un autre personnage emblématique : Haymitch Abernathy, lors de sa participation aux Jeux de l’Expiation.

À l’aube des cinquantièmes Hunger Games, la peur s’empare des districts de Panem. Cette année, en l’honneur des Jeux de l’Expiation, le nombre de tributs arrachés à leur famille pour participer à ces jeux cruels sera doublé ! Dans le district 12, Haymitch Abernathy tente de ne pas trop penser au terrible tirage au sort. Il est concentré sur sa survie et sur la survie de celle qu’il aime.
Alors, quand le destin le désigne comme tribut, son monde s’écroule. Forcé de tout quitter, il est emmené au Capitole avec trois autres membres de son district : une amie qu’il considère comme une sœur, un parieur compulsif et la fille la plus prétentieuse de la ville. Alors que les Jeux sont sur le point de commencer, Haymitch comprend que les épreuves sont truquées et qu’il n’a aucune chance. Pourtant, quelque chose en lui le pousse à se battre… pour que ce combat dépasse les frontières de l’arène mortelle.

J’avais peur que ce livre ne soit qu’une redite des précédents tomes, une simple copie des anciens schémas narratifs. Mais très vite, je me suis laissée happer. Cette dystopie, dont le tout premier tome est paru en 2008, continue de montrer sa force : elle peut se lire à tout âge, aussi bien par des ados que par des adultes.

Dans ce nouvel opus, on découvre un Haymitch bien différent de celui de la trilogie centrée sur Katniss. Il est sociable, bienveillant, un brin téméraire, protecteur avec les autres et animé par une véritable soif de justice. On fait aussi la connaissance d’autres personnages secondaires hauts en couleur et rapidement attachants. J’ai notamment eu un coup de cœur pour Maysilee, issue d’une famille plus aisée du district 12, et bien plus complexe qu’elle n’y paraît.

Le roman prend le temps de poser les bases avant l’inévitable battle royale. La thématique reste d’ailleurs d’actualité et continue d’inspirer en 2025 — je pense notamment à la série Squid Game. J’ai de nouveau été frappée par l’attitude écœurante des spectateurs du Capitole : riches, déconnectés, ils regardent les Jeux avec une légèreté dérangeante, sans la moindre empathie pour la souffrance des districts, et sans jamais être choqués par les morts qui s’enchaînent sous leurs yeux.

J’ai particulièrement aimé toute la phase de préparation : le jeu des alliances, les stratégies, les liens qui se créent — tout cela met en lumière les différentes personnalités des tributs.

Le style est fluide, efficace, et très immersif. Après deux lectures abandonnées, j’ai retrouvé ce que je cherchais : le plaisir de me plonger dans une histoire, de m’y perdre… et d’en ressortir un peu différente. Mais même si j’ai passé un bon moment avec ce préquel, je trouve quand même que la trilogie d’origine reste plus addictive. L’histoire avançait à un rythme plus page-turner, et surtout, le lien entre Katniss et Peeta créait une tension qui me tenait vraiment en haleine.

Une lecture qui, au-delà du divertissement, pousse aussi à réfléchir sur notre propre rapport au pouvoir, aux écrans, et à ce qu’on accepte de regarder sans broncher. J’ai tout de même une préférence pour la trilogie d’origine.

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