BD·Littérature belge

« Maison du peuple 65 » de Patrick Weber et Baudouin Deville

« Maison du peuple 65 » de Patrick Weber

Durant tout le mois de novembre, la campagne « Lisez-vous le belge 2024 » célèbre les auteurs et maisons d’édition belges, mettant en avant la richesse et la diversité de la littérature du plat pays. L’année dernière, j’avais eu le plaisir de découvrir « Innovation 67 », une bande dessinée publiée en 2021 par les éditions Anspach (découvrir ma chronique). Ce titre, scénarisé par Patrick Weber, illustré par Baudouin Deville et colorisé par Bérengère Marquebreucq, nous fait suivre les aventures de Kathleen, héroïne récurrente de la série.

Cette année encore, j’ai souhaité collaborer avec cette maison d’édition qui continue de faire rayonner le neuvième art belge. C’est donc avec enthousiasme que j’ai lu « Maison du peuple 65 », le nouveau volet de cette série qui sort en librairie cette semaine. Je vous invite à découvrir mon avis.

Venise, 1964. Désormais journaliste à la RTB, Kathleen couvre le Congrès International des Architectes et des Techniciens des Monuments Historiques. Elle doit y rencontrer un certain Serge Durand, farouche opposant à la démolition de la Maison du Peuple, chef d’oeuvre du génial architecte Victor Horta. Son emplacement suscite, en effet, bien des convoitises auprès des promoteurs immobiliers qui saccagent alors la capitale belge.

Bien que chaque tome de la série puisse se lire indépendamment, ils offrent tous une exploration approfondie de l’histoire et de la culture belge. Maison du Peuple 65 est une lecture incontournable pour tout amateur d’intrigues historiques et de patrimoine belge. L’auteur propose d’ailleurs un dossier à la toute fin du livre.

L’œuvre s’attache particulièrement au grand Victor Horta, célèbre pour ses bâtiments emblématiques de l’Art Nouveau à Bruxelles. En 1964, la Maison du Peuple de Bruxelles est menacée de démolition. Un grand architecte doit être interviewé par Kathleen, qui a reçu la promesse de révélations importantes. Cependant, celui-ci est retrouvé mort, et l’autopsie révèle rapidement qu’il ne s’agit pas d’une simple crise cardiaque. Cette découverte propulse Kathleen dans une enquête périlleuse où elle doit démêler les fils d’un complot visant à effacer un pan essentiel de l’héritage architectural belge. Elle se retrouve aussi embarquée dans un véritable jeu de piste, guidée par un testament créatif laissé par Victor Horta lui-même.

Kathleen est un personnage remarquable pour son époque : journaliste déterminée, elle s’émancipe des attentes conventionnelles, refusant de se plier aux pressions d’un mariage et n’hésitant pas à prendre des risques pour dévoiler la vérité.

Patrick Weber, historien de l’art et auteur respecté en Belgique, signe ici une intrigue riche mêlant habilement faits historiques et fiction. Le dessin soigné de Baudouin Deville restitue parfaitement l’atmosphère de l’époque, tandis que les couleurs de Bérengère Marquebeucq apportent une profondeur visuelle qui sert le récit.

Je recommande vivement aux lecteurs de (re)découvrir cette série et de soutenir les maisons d’édition belges, garantes de la qualité de la bande dessinée patrimoniale. Quant à moi, j’attends avec impatience le prochain tome, curieuse de suivre Kathleen dans ses futures aventures.

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