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« L’énigme de la Stuga » de Camilla Grebe

L'énigme de la Stuga de Camilla Grebe

La rentrée de septembre s’est déroulée comme si j’avais été happée par un tourbillon effréné, me laissant à peine le temps de m’immerger dans les délices d’une bonne lecture. Désormais, mes journées sont rythmées par une multitude d’activités et de projets professionnels, notamment la conception d’animations pour les enfants sur les thèmes enchanteurs de l’automne et d’Halloween. De plus, la préparation minutieuse d’un atelier de lecture dédié aux polars nordiques, programmé pour fin octobre, occupe une part considérable de mon emploi du temps.

C’est dans ce contexte trépidant que je me suis plongée dans les pages de « L’énigme de la Stuga », une œuvre de l’auteure Camilla Grebe, traduite du suédois par Anna Postel et éditée par Calmann-Levy Noir. En matière de littérature policière suédoise, j’étais déjà familière avec la série Erica Falk de Camilla Lackberg.

Lykke Andersen mène une vie heureuse, mondaine et épanouie : éditrice accomplie, compagne d’un auteur renommé et mère de jumeaux. À l’occasion de la fête suédoise de l’Écrevisse, elle organise un dîner intimiste dans leur maison en pleine campagne, où sera invitée Bonnie, la meilleure amie des garçons, et plusieurs proches du milieu de l’édition.
En ce doux mois d’août où les orpins et les rosiers éclosent, l’alcool coule à flot et les convives entonnent à cœur joie des chants traditionnels nordiques. Personne ne peut se douter que le lendemain, ce cadre idyllique se transformera en scène de crime effroyable.
Le cadavre de Bonnie est retrouvé dans la Stuga, une petite dépendance dans le jardin, où vivent les garçons. Ces derniers nient catégoriquement avoir commis le crime mais il s’avère que la porte était fermée à clé de l’intérieur…
Huit ans plus tard, Lykke est placée en détention provisoire. Face à l’inspecteur responsable de l’affaire, elle va devoir retracer le fil de l’enquête afin de trouver le véritable coupable du crime.

Ce livre a d’abord attiré mon attention en raison de son immersion dans le monde de l’édition, mettant en scène un auteur à succès et son épouse éditrice. Le roman présente deux narrateurs extrêmement attachants, Lykke et l’enquêteur Manfred, tout en adoptant deux temporalités distinctes. Cette structure narrative est soutenue par la brièveté des chapitres, créant ainsi un rythme dynamique.

Le récit se focalise surtout sur la vie de Lykke après l’inculpation de ses jumeaux pour le meurtre de Bonnie. Cette exploration se révèle complexe, notamment du fait que le père, Gabriel, se réfugie dans l’alcool et les soirées arrosées avec son meilleur ami. Pendant ce temps, l’enquêteur tente de faire craquer les jumeaux en les opposant l’un contre l’autre, ce qui confère au livre une dimension profondément psychologique.

Ensuite, l’un des aspects intéressants du roman réside dans le fait que le meurtre se déroule dans un espace clos, avec une porte verrouillée de l’intérieur. Cela rappelle des classiques du genre, tels que « Double assassinat dans la rue Morgue » d’Edgar Allan Poe, qui ont utilisé ce type d’énigme pour captiver les lecteurs (il y a également « Le mystère de la chambre jaune »). Cette particularité ajoute une couche supplémentaire de mystère à l’intrigue, défiant la logique et poussant les personnages et les lecteurs à explorer les recoins les plus sombres de l’esprit humain pour trouver des réponses.

« L’énigme de la Stuga » est un véritable page-turner pour les amateurs de romans policiers nordiques, mettant en lumière l’univers de l’édition tout en tissant une intrigue qui vous captivera jusqu’à la dernière page.

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