J’ai découvert la plume de C.W. Gorthner à travers son précédent ouvrage « Lucrèce Borgia : La Princesse du Vatican ». Cette fiction historique m’a transportée dans les méandres d’une époque passionnante, mettant en lumière une héroïne forçant l’admiration. Pourtant lorsque j’ai découvert le dernier livre de l’auteur « Les larmes d’une reine » également publié au format poche aux éditions Hauteville et traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Caroline Nicolas, j’ai immédiatement su que j’avais trouvé mon nouveau favori.
Si par chance vous avez déjà eu le bonheur de vous plonger dans les récits envoûtants de mon auteure préférée de cette année, Philippa Gregory, dont les fictions sur les illustres reines d’Angleterre continuent de me captiver, alors vous êtes sans aucun doute familier avec l’inoubliable Catherine d’Aragon, sœur de notre protagoniste. Toutefois, il est temps à présent de tourner notre regard vers Juana, une souveraine méconnue dont le destin tragique ( surnommée Jeanne La Folle) éveille à la fois admiration et empathie, un être dont les feux de la renommée ont longtemps été étouffés dans l’ombre de l’histoire.
Résumé:
Fille d’Isabel de Castille et de Ferdinand d’Aragon, Juana est une femme gouvernée par ses passions. Son mariage arrangé avec Philippe le Beau commence comme un véritable conte de fées ; ils tombent amoureux au premier regard. Mais lorsque sa propre famille est tragiquement décimée, elle se retrouve, à l’âge de vingt-cinq ans, héritière du trône d’Espagne. Dès lors, Juana est au coeur d’une lutte d’ambitions sans pitié et sera même déclarée folle par les deux hommes de sa vie. Peu importe le prix à payer, Juana est prête à tout pour assurer l’avenir de l’Espagne et sa liberté.

Le roman débute en l’an de grâce 1492, au moment où les parents de Juana conquièrent Grenade, signant ainsi l’éclatante victoire de la réunion des royaumes d’Espagne après des siècles de domination maure. Juana, à l’âge tendre de treize ans, observe avec admiration l’exploit réalisé par ses parents et vit désormais une partie de l’année dans le magnifique palais de l’Alhambra. Parmi les personnages qui ont marqué mon esprit, celui d’Isabelle de Castille, la mère de Juana, se distingue par son aura.
Juana, révoltée dans son essence, incarne une détermination farouche lorsqu’elle apprend l’annonce de son mariage arrangé, dicté par les desseins politiques. Dans un premier temps, elle refuse avec une obstination indomptable de se soumettre, manifestant ouvertement son refus avec une passion ardente. Cette union forcée la contraint à quitter l’Espagne, terre qui lui est si chère, pour s’installer dans le modeste royaume des Flandres, où son époux, l’archiduc Philippe de Habsbourg, règne. Les parents de Juana, dans leur quête d’alliés pour faire face à leur ennemi, la France, cherchent à renforcer leur position politique.
Lorsqu’elle arrive en Flandre, Juana est immédiatement séduite par son mari, Philippe le Beau, et met de côté ses préoccupations politiques pour se consacrer pleinement à leur relation amoureuse. Malheureusement, son bonheur est de courte durée car en plus d’être la victime de plusieurs tragédies, elle se rend compte que son époux n’est qu’un être égoïste (lui-même manipulé) et coureur de jupons. Juana, à mes yeux, est un personnage fascinant qui traverse une vie marquée par les revers et l’apprentissage constant. L’auteur parvient brillamment à la dépeindre, la rendant extrêmement attachante.
En bref:
« Les larmes d’une reine » est un véritable bijou littéraire qui incite indéniablement à la réflexion sur le pouvoir, les jeux de pouvoir entre les monarques européens et la condition féminine de cette époque. »
